Land crisis on the Mambila Plateau of Nigeria, West Africa

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Abstract:

The Mambila plateau in Nigeria features unique physical and climatic conditions for human settlement as for cattle breeding: it is within such an environment that the Mambila farmers have settled and developed as a dense population. During the 19th century the highlands became the main sources of slaves for the Muslim Fulani kingdoms of Banyo and Gashaka. Although resisting strongly, the Mambila villages fell one after the other. This resulted in a demographic collapse: by 1930 the Mambila were reduced to a population of 16,000. In the 1920s Mbororo and Fulani graziers began to settle in the region: their livestock became the main cause of environmental degradation. Severe erosion of the grazed land can now be observed, mainly characterized by the deepening of the river beds and the collapse of river banks. Such a phenomenon is attributed to a change in the rainwater flows due to the exhaustion of the vegetation cover. The uncontrolled growth of livestock has been followed by high competition for land between the graziers and those Mambila farmers who survived the Fulani occupation. The graziers holding most of the political power have progressively deprived the farmers of their lands: the latter are now confined within isolated small enclaves. They have lost their economic independence and are reduced to work for the graziers or to emigrate to Cameroon. Furthermore, in a large part of the Mambila plateau, the pastoral range has been divided between the graziers, excluding the Mambila farmers, as well as the poorest Fulani, from land ownership and enhancing their dependency on the graziers. Such an explosive situation is illustrated by two surveys of the Kuma and Leme regions. Over the 78 km studied in Kuma, the Mambila possess only 22% of the area; the survey found 132 herds (at an estimated total of 9475 cattle) with a population density of 1.5 cattle per ha, almost totally owned by Muslim graziers. The area studied in Leme covers 113.5 km of uneven land. Although confined to nine enclaves, the Mambila owned 32% of the land, while the Muslim graziers possess 67%. 145 herds have been counted (at an estimate total of 10,215 cattle): 63% are owned by the Mbororo, 20% by Fulani and the Haoussa from Gembu, 10% by the Mambila, and 7% by the recent Yamba migrants.

French
Le plateau Mambila de Nigeria, d’altitude moyenne 1600 m, offre des conditions climatiques très favorables à la vie des hommes et de leurs troupeaux. Il s’y était développé un peuplement très dense de cultivateurs sédentaires, les Mambila. Au cours de la conquête des terres hautes par les Fulani musulmans au XIXe siècle, le plateau Mambila était devenu le principal terrain de chasse aux esclaves des royaumes de Banyo et de Gashaka. Les villages Mambila, en dépit d’une résistance acharnée, succombèrent les uns après les autres. Cette population subit un effondrement démographique. En 1930 elle était réduite à 16 000. Dans les années 1920, des groupes Mbororo, ainsi que des Fulani, résolurent de se fixer sur le plateau Mambila, très favorable à l’élevage. Le cheptel bovin introduit à cette époque s’est multiplié au point que la densité d’occupation pastorale y atteint l’extrême limite compatible avec les possibilités du milieu. On observe une intense érosion, caractérisée par le creusement des lits des cours d’eau et l’éboulement des rives; ce qu’on peut attribuer à un changement dans le mode d’écoulement des eaux de pluies sous l’effet de l’appauvrissement du tapis herbacé. Le développement incontrôlé de l’élevage a entraîné une intense compétition pour la possession du sol entre les éleveurs et les communautés rurales Mambila qui avaient survécu à la conquête Fulani. Le pouvoir politique est entre les mains des éleveurs, qui ont progressivement spolié les cultivateurs. Ceux-ci se trouvent désormais confinés dans de petites enclaves isolées dans l’espace pastoral; ils ont perdu leur indépendance économique et se trouvent réduits, soit à devenir manoeuvres au service des éleveurs, soit àémigrer, principalement vers le Cameroun. Dans une grande partie du plateau Mambila, l’espace pastoral a été divisé en domaines entre les principaux éleveurs, au détriment des cultivateurs, mais aussi des Fulani pauvres, exclus de la propriété du sol et réduits à une condition de dépendance. La situation explosive ainsi créée est illustrée par deux monographies consacrées à Kuma et à Lémé. A Kuma, sur 78 kilomètres carrés inventoriés, les Mambila ne possèdent plus que 22% de la surface; l’enquete a dénombré 132 troupeaux, total estimé 9475 bovins, appartenant en presque totalité aux éleveurs musulmans. La densité d’occupation pastorale atteint 1,50 bovins à l’hectare. A Lémé, sur un terrain généralement plus accidenté, la surface inventoriée a été de 113,5 km2. Les Mambila, confinés dans neuf enclaves, conservent 32% des terres, les éleveurs musulmans en possèdent 67%. On a dénombré 145 troupeuax, total estimé 10 215 bovins, dont les Mbororo possèdent 63%, les Fulani et les Haoussa de Gembu 20%, les Mambila 10% et les Yamba, immigrés récents, 7%.

Document Type: Original Article

DOI: http://dx.doi.org/10.1046/j.1365-2699.1998.252244.x

Affiliations: Institut Géographique National, 2, Avenue Pasteur, 94160 Saint-Mande, France

Publication date: March 1, 1998

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